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Vololona Randriamarotsimba & Sabine Ehrhart

Antananarivo, Madagascar / Luxembourg
Dialogue Nord-Sud, plurilinguisme et perspective écologique :  pour le développement de la recherche et de la formation d’enseignants en sciences humaines
Tuesday, 12th September | 10:45 – 11:45

Le récent programme de recherche intitulée « Pouvons-nous espérer une nouvelle société ? » codirigé entre l’Université de Princeton aux Etats-Unis et l’école de management et de l’innovation de Sciences-Po avec la Fondation Maison des Sciences de l’Homme à Paris arrive à la conclusion que les gouvernements actuels ne sont plus les décideurs les plus puissants, ils ont laissé ce rôle à d’autres agents de changement. Le pilotage de processus de décision et la présentation de nouveaux scenarios du vivre-ensemble sont des défis importants à relever pour les chercheurs, notamment en sciences humaines.

Dans notre contribution, nous nous proposons de présenter des exemples concrets d’une recherche appliquée et engagée, dans le secteur de la politique linguistique et éducative à deux endroits-pivot  dans une vision géopolitique : Luxembourg et Madagascar.

Le Luxembourg est une sorte d’Europe en miniature, avec une intensité d’échanges interculturels et un taux de plurilinguisme uniques pour son continent, alors que Madagascar se situe à la convergence d’influences en provenance de l’Afrique, de l’Océan Indien et avec un lien historique culturel allant jusque dans le Pacifique Sud, suite à des vagues migratoires très fortes qui ont enrichi cette île de la taille de la France avec le Benelux.

Nous partirons de l’exemple du plurilinguisme luxembourgeois et du rayonnement de son modèle d’écologique linguistique au-delà des frontières du pays pour ensuite, dans une seconde partie, montrer l’exemple de la politique linguistique malgache, ses points communs et ses différences avec les modèles européens.

La collaboration entre nos deux institutions et l’échange sur les méthodes de formation des enseignants en milieu plurilingue pendant dix ans nous a montré à quel point il est important ne seulement de se déphaser par rapport au temps, mais aussi de chercher d’autres appuis locaux et géographiques pour orienter notre recherche. «  Une recherche du lien social » en travaillant avec des collègues d’autres continents nous permet de trouver des solutions innovantes, des sorties inespérées aux problèmes qui se posent à la société, et d’autres façons de coopérer que celles définies par le colonialisme, voire le post-colonialisme. Nous nous appuyons sur le concept de l’écologie linguistique qui permet d’inventorier les langues en présence, de relever les liens qui les unissent, mais aussi les tensions qui existent entre elles, avec le but d’une optimisation du dialogue et d’une harmonisation des forces communicatives qui sont à l’œuvre.

D’une manière concrète, nos échanges nous ont apporté une inspiration réciproque et des orientations et contenus pour la formation des enseignants pour nos sociétés du futur. Plus modestement, on pourrait dire qu’ils ont permis de rendre visibles des processus qui autrement se seraient déroulés dans l’obscurité ou sans être connus par le large public.

Sabine Ehrhart est professeure en ethnolinguistique à l’Université du Luxembourg où elle forme les enseignants à l’ouverture interculturelle et internationale. Vololona Randriamarotsimba est enseignante-chercheure à l’Ecole Normale Supérieure de l’Université d’Antananarivo où elle forme les enseignants pour le système multiculturel et plurilingue malgache au niveau du secondaire. Elle vient de passer son habilitation à diriger les recherches.